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  • André Mesquida

Les Asanas dans les Yoga sutra de Patanjali

Mis à jour : 9 août 2018

Au-delà de la formule……

Les fondements de la pratique posturale


Quand on parle de la posture de yoga, telle qu'elle est définie dans les "yoga sutra" de Patanjali, une formule, le fameux "Sthira-Sukha" vient à l'esprit, un peu comme un slogan, une marque de fabrique. Que peut nous révéler dans le fond, l'association de ces deux mots, comment peut-elle devenir la "chair" de notre pratique ?

Cette relation, évoque une façon d'être dans la posture et plus largement une façon d'être au monde, pouvant apparaître comme paradoxale, car les deux termes qui la composent peuvent être perçus comme opposés. Tout l'art de la pratique posturale, va consister à les associer, à les faire vivre ensemble, pour que puisse s'épanouir la "bonne posture" ou plutôt la "posture juste pour soi", celle qui viendra nous toucher et nous transformer dans notre singularité. Celle qui viendra nous délivrer des tensions contradictoires qui nous assaillent.

Bien des définitions peuvent être données pour Sthira et Sukha (avantage de la polysémie de la langue sanscrite) mais celle que j'ai envie de retenir, c'est la notion de stabilité, d'ancrage dans la réalité, de relation forte à la terre pour Sthira et de liberté, d'aisance, de capacité à "s'ouvrir au monde" pour Sukha.

Il me semble (et l'ordre dans lequel sont employés les deux mots dans le sutra II-46, en est peut-être une confirmation) que cette liberté, cette disponibilité, cette ouverture qui caractérisent Sukha, ne pourra advenir que si d'abord, nous pouvons prendre appui et nous sentir porté avec confiance dans notre relation au support, ce qui caractérise Sthira. Bien sûr, dans la durée de l'expérience les deux ressentis vont se nourrir et se conforter l'un, l'autre mais il n'en demeure pas moins, que Sukha ne va pouvoir s'épanouir qu'en prenant racine dans Sthira. Cette relation, si elle est bien en place, pourra nous faire vivre un enracinement non rigidifié et une liberté vivante dans l'action.

Cette relation au support est une relation vivante. Il y a quelque chose d'actif dans la prise d'appui et en même temps quelque chose de "passif", d'ouvert. C'est une relation libre et confiante « porteur-porté » qui permettra de s'orienter librement dans l'espace.

Une pratique posturale juste permettra d'ouvrir ce qui est fermé, de libérer ce qui est contraint. De désencombrer l'espace intérieur pour permettre au souffle de circuler librement.

C'est la perception d'un souffle profond et libre qui sera le signe d'une posture juste.

La posture de yoga, est bien plus qu'une simple forme corporelle. Dans cette expérience c'est la totalité de la personne qui est engagée dans ses dimensions physiques, énergétiques et psychologiques. Ce qui caractérise cette pratique, c'est la perception consciente et non discursive de toutes les sensations présentes au niveau du corps, du souffle et de l'esprit. C'est un vécu intérieur qui peut venir nous toucher dans notre sensibilité la plus profonde.

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